Silvia Plate aide les Pauvres

Publié le par Silvia Plate

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J’en parlais encore ce matin avec ma bonne amie Vivianie, les pauvres, c’est usant.
Le problème avec les pauvres, c’est qu’ils sont fichtrement nombreux et que souvent ils ne sentent pas très bon. Une odeur comme du choux bouilli.
Vivianie me dit qu’il ne faut pas leur en vouloir, que ça n’est malheureusement pas de leur faute s’ils sont pauvres… et moches.
Facile à dire.
Vivianie, elle me sort: « Comment ça tu ne connais pas les Restos du Cœur? »
Comment voulez-vous, que moi, la fille über fuckabankabeul, je connaisse un truc pareil?
Et pis c’est qui ce Coluche?
Encore un alcoolique démuni et analphabète, je présume.
Alors Vivianie n’en revient pas et laisse sa mâchoire tomber et se reposer un peu.
Elle veut absolument  que je l’accompagne en « mission bisou on fait du bien aux démunis de la bourse » et me traîne jusqu’à l’antenne la plus proche qui se trouve être à Pétaouchnock.
Tu as déjà essayé de courir sur des pavés avec des putain de Louboutin? Parce qu’il fallait bien sûr courir, oui, cette connasse de Vivianie ne supporte pas le métro, elle ne supporte pas non plus les chauffeurs de taxis qu’elles considère comme une race inférieure. Je ne peux décemment pas lui en tenir rigueur.
On arrive tout essoufflées et je sens que je commence à transpirer sous mes absences de nibards, ce qui, tu te doutes, achève de me mettre de mauvaise humeur.
Et quand je suis de mauvaise humeur, mon parfum vire et ça m’agace encore plus hautement.
Là, une dame à la coiffure… aléatoire nous demande ce qu’on fout là.
Vivianie, elle s’énerve et elle dit qu’on veut aider les pauvres.
Elle dit qu’elle est Vivianie, comme si c‘était un genre de passe-droit.
La dame ne remet pas Vivianie.
Vivianie dit qu’elle est bénévole.
La dame, elle dit « Ah. On aura tout vu. »
Moi je dis que je ne sais pas trop ce que je fais là mais que bon, puisque j’y suis, autant me mêler à la France de très-en-bas.
La dame me regarde et même si je suis à peu près sûre d’avoir vu passer du mépris dans son regard, je suis persuadée qu’elle m’envie beaucoup parce qu’au contraire d’elle, je suis très bien coiffée.
La dame nous permet finalement d’entrer dans un genre de réserve qu’on croirait la pièce de survie d’un survivaliste, ambiance fin du monde.
Et dans la pièce, il y a plein de pauvres qui remplissent des sacs avec de la bouffe de gueux, à base de Marque Repère et de Po-po-po-pop.
Je vois pas trop ce que je peux faire pour les aider alors j’allume une Vogue et comme ça sent franchement le choux bouilli, je prends sur ma bonté d’asperger la pièce avec du L’Air du Temps.
Et puis, je me mets aussi à asperger les gens pour qu’ils profitent d’un petit bout de moi, bombasse que je suis. Mon cœur gonfle dans ma cage thoracique tellement je fais du bien au monde et tellement je ne suis qu’altruisme.
Vivianie, elle se met à s’enfiler une boîte de faux chipsters en donnant des conseils de mode à un grand monsieur avec des chaussures en sacs poubelles.
Pendant que j’asperge une mère et son enfant, j’entends Vivianie qui gueule rapport à ce que le monsieur, il lui a mis une main au fondement.
C’est là que ça dégénère, d’abord je lui envoie mon Lancel à la gueule pour lui apprendre la politesse des dames de ce monde bordel de merde! Vivianie lui balance sa Manoukian vintage dans les parties alors que je sens une main courtaude m’arracher mon chignon banane.
C’est une maman qu’elle est pas contente parce que son petit singe pleure.
Je ne comprends pas son langage.
Elle essaie de communiquer avec moi. Avec force postillons.
Au moment où je lui griffe la face, je comprends que j’ai aspergé son singe dans les yeux et que c’est pour ça qu’elle est pas contente.
Moi: Mais madame je ne vous permets pas de me toucher avec vos sales paluches de pauvre.
Elle: Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait, espèce de folle?
Moi: Oui je me rends compte! Parfaitement! Je me rends compte que je viens vous illuminer la journée et que vous Madame, vous m’agressez!
Elle: C’est vot’parfum d’merde, dans les yeux de mon Kevin? C’est comme ça que vous faites du bien aux gens???
Moi: Quand on pue comme vous tous, oui, chère Madame la pauvre!

On a pas pu finir de s’expliquer parce que Vivianie et moi, on s’est fait expulsées.
Oui, tu ne rêves pas, on s’est fait expulsées de chez les pauvres!
La dame des Restos du Cœur, elle a dit à Vivianie qu’on était tricardes à vie.


J’ai envie de te dire.
Les pauvres, c’est rien que des ingrats.

Publié dans te parle des gens

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Jean-Balthazar 23/02/2010 20:42


Pas la peine, je riz déjà jaune trop souvent.


Jean-Balthazar 23/02/2010 11:21


Ah la vache, quelle tranche de rire. Je suis nourri pour au moins un mois.


Silvia Plate 23/02/2010 20:22


C'est cool ça m'évitera de t'envoyer du riz